Vers une reprise du marché de l'intérim ? ()

interim.jpgAprès une année 2009 très difficile – une baisse de près de 30 % du nombre de salariés intérimaires, soit 157 000 emplois équivalents temps plein -, le marché de l’intérim montre des signes de reprise encourageants. Une reprise qui reste, néanmoins, encore loin des niveaux les plus hauts du marché.

« Nous connaissons une croissance vigoureuse, mais sur des volumes moins importants », commence Marc Riou, directeur général chez Kelly service. « 2010 se présente comme une année de reconquête, appuie Laurent Morestain, directeur de la stratégie et du développement du groupe Randstad France. Après les 30 % de baisse accusés sur 2009, le marché tourne aujourd’hui autour de 10 % de croissance. C’est encourageant, mais ce n’est pas encore l’idéal. » Aussi, tous les acteurs de l’intérim s’accordent à dire que, s’ils se veulent plutôt optimistes pour 2011, la prudence reste de mise.

Ainsi, si le secteur de l’automobile est bien reparti en 2010, les professionnels de l’intérim émettent quelques doutes pour 2011, notamment avec la fin des aides de l’état comme la prime à la casse. « Le secteur de la construction, avec des cycles de production beaucoup plus lents, n’a pas été le premier secteur touché, explique Laurent Morestain. L’onde de choc risque de se propager et on ne s’attend pas à une reprise prochaine. »

Des secteurs porteurs

Il existe aussi des secteurs d’activité plutôt porteurs, à l’image de la banque et de l’assurance. « Des secteurs toujours dynamiques et qui ont beaucoup performé », note Christophe Catoir, directeur général opérationnel chez Adecco. Il ajoute : «  Les secteurs les plus impactés sont aussi ceux qui repartent le plus fort : l’industrie, notamment l’aéronautique, l’aérospatial, la pharmacie ou encore la chimie… » Auxquels Laurent Morestain ajoute « la plasturgie, le caoutchouc, les biens d’équipement industriel » etc.

Et puis il y a également des signes encourageants. « Dans le tertiaire, les projets en amont repartent, avance Laurent Morestain. Je pense notamment aux bureaux d’études et à l’ingénierie. » Même mouvement dans les RH. « On constate une demande forte, relève Marc Riou. Même si ce n’est pas significatif en termes de volumes, les entreprises commencent à se projeter, notamment sur les fonctions recrutement et gestion des compétences. »

Un repositionnement stratégique

Surtout, « 2010 est une année de transition qui a permis de se poser les bonnes questions en matière de stratégie et de marché », estime Laurent Morestain. Il explique : « Nous étions déjà sur un modèle d’organisation spécialisée, avec des business units sur le médical, la construction… Avec la crise, nous sommes allés plus loin dans cette spécialisation. Désormais, dans nos agences, vous trouvez des binômes avec des consultants hyperspécialisés. » Même son de cloche chez Adecco. « La spécialisation et la proximité sont deux axes stratégiques importants, parfois difficiles à tenir avec la crise. Nous avons donc ajusté notre présence sur le territoire et fait quelques concessions pour la spécialisation, en particulier sur certains secteurs peu porteurs en périodes de crise, explique Christophe Catoir. En revanche, nous avons renforcé nos investissements pour mettre en place des structures chez nos clients sur certains secteurs, pour mieux anticiper les effets de cycle et les besoins. »

Adecco a également conforté son circuit d’agences dédiées au retail pour accompagner les PME et PMI « qui ont montré une stabilité plus importante face à la crise », argue Christophe Catoir. Celui-ci évoque également le développement du recrutement sur Internet ou encore l’investissement dans la dématérialisation des contrats et factures pour baisser ses tarifs.

L’ouverture sur la fonction publique

L’autre source de croissance potentielle tient dans l’ouverture du marché de la fonction publique territoriale et d’état en 2009. « Mais il faudra du temps pour toucher ce marché, note Marc Riou. Ce n’est pas la même culture, ni les mêmes contraintes juridiques, notamment en matière de contrats. » Laurent Morestain confirme : « Nous menons actuellement un véritable travail d’évangélisation sur cette question. Nous avons créé un pôle public et nous organisons des petits-déjeuners auprès des mairies, des collectivités territoriales etc. Nous leur expliquons les enjeux juridiques et les situations où ils peuvent recourir à l’intérim. » Marc Riou conclut : « On est encore loin d’arriver au bout des possibles en matière d’externalisation du recrutement temporaire et permanent. »

Brice Ancelin source Focus RH

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